Par Nathalie Carrière

Entrevue avec DENIS MESSIER, promoteur

 

 

Denis Messier, vous êtes l’un des rouages importants de la construction résidentielle de grande qualité au Québec. Quel a été votre rôle dans le projet Boisé du Parc ?

Je m’occupais du développement de terrains et du financement, en collaboration avec Martin Racicot, à qui je vendais des terrains sur lesquels il bâtissait.

 

 

À qui appartenait ce vaste espace avant que vous en fassiez l’acquisition ?

Le terrain appartenait à un groupe hollandais. La transaction a été finalisée vers 2002.

 

 

Aviez-vous en tête que des propriétés aussi belles et imposantes y seraient construites un jour ?

Je savais que les résidences de ce secteur seraient de plus en plus prestigieuses. Il y avait de toute évidence un marché pour ce type de propriétés.

 

 

À quoi ressemblait cette zone avant que la construction ne débute ?

Il s’agissait d’un secteur boisé. Nous avions le défi de tenir compte de l’environnement naturel et de la présence de grenouilles, ce pour quoi j’ai dû débourser l’équivalent d’un million et demi le pied carré. Je ne regrette nullement de l’avoir fait.

 

Comment ont réagi les résidents lorsqu’ils ont appris que de nouvelles maisons seraient construites ?

Les gens ne voient jamais d’un bon œil l’arrivée éventuelle de nouveaux voisins, ce qui est normal, surtout sur un tel territoire. Mais le développement a été respectueux tant de l’environnement que des résidents déjà présents.

 

Êtes-vous heureux de voir ce que le secteur est devenu avec le temps ?

Absolument. J’éprouve beaucoup de satisfaction chaque fois que je me ballade dans le quartier. Je suis fier d’être à l’origine de ce projet grandiose, dont le résultat est admirable. J’ai investi tout ce que j’avais pour son développement, ce qui m’a valu d’être qualifié de visionnaire, un beau compliment.

 

 

À quel point étiez-vous convaincu du potentiel du projet ?

Je savais que j’étais le seul sur la Rive-Sud à détenir des terrains aussi vastes, situés un peu à l’extérieur du centre-ville et à cinq minutes seulement des autoroutes. Cela dit, je n’aurais jamais pensé que d’aussi majestueuses résidences y seraient édifiées, dont plusieurs propriétés dépassant les deux millions. Le Boisé du Parc est devenu extrêmement prestigieux.

 

Boucherville trône au sommet du classement 2015 du magazine MoneySense comme la meilleure ville où vivre au Canada. Êtes-vous d’accord avec cette affirmation ?

Oui. C’est une ville très bien située, paisible et pratique, où la qualité de vie est l’une des plus élevées que l’on puisse trouver. Un élément essentiel qui explique que plusieurs personnalités publiques ont choisi de vivre au Boisé du Parc.

 

 

Y a-t-il une des phases du développement dont vous êtes particulièrement satisfait?

Je trouve que l’ensemble du projet est réussi, mais si vous me posez la question, j’apprécie particulièrement ce qui a été fait en phase 2, sur la rue des Châtaigniers. Le dernier projet de maisons semi-détachées qui a été réalisé avec le Groupe Pépin fait ma fierté.

 

Croyez-vous qu’il y aura un jour des trottoirs au Boisé du Parc ?

 Jamais ! L’idée de base était de préserver l’aspect champêtre du secteur. C’est pour ça que j’ai creusé de légers fossés à la base des terrains, de chaque côté des rues.

 

Quelles sont les principales qualités d’un bon entrepreneur ?

Il faut évidemment avoir de la vision, mais je dirais qu’il faut aussi démontrer une grande confiance en soi, faire preuve d’audace et avoir le goût du risque. À l’époque où j’ai acheté des terrains ici, certains m’ont prédit un échec. Ça n’a pas été le cas, bien au contraire. Plus on tente de me décourager, plus je travaille fort pour démontrer que je suis sur la bonne voie.

 

Parmi l’ensemble de vos réalisations en carrière, laquelle vous rend le plus fier ?

Je suis fier de tous mes projets, mais ce que j’ai réalisé ici est en tête de liste. Le projet Boisé du Parc en était un d’envergure, qui comprenait la construction de plus de 300 unités. De surcroît, je n’avais jamais œuvré sur un projet incluant des résidences aussi imposantes et élégantes, et ce dans un cadre naturel. Les gens de l’extérieur qui viennent faire leur tour ici repartent éblouis. C’est sans l’ombre d’un doute le plus beau projet de toute la Rive-Sud.

 

Quels sont vos autres projets actuellement en marche ?

Dans le secteur de Boucherville, presque un million de pieds carrés me restent derrière le terrain de pratique du golf. Il y a aussi des projets à Bromont, toujours en collaboration avec Martin Racicot. J’ai un projet également en cours à Sainte-Adèle.

 

Quelle est présentement la disponibilité des terrains au Boisé du Parc ?

Actuellement, 95 % des terrains sont vendus. Il reste un secteur de 400 000 pieds carrés à développer, pour lequel nous sommes en négociation avec la Ville de Longueuil.

 

Entrevue avec MICHEL PÉPIN, du Groupe Pépin

 

 

Michel Pépin, vous êtes le gestionnaire du Groupe Pépin, c’est bien ça ?

Oui. Nous sommes aussi connus sous les dénominations Maisons Pépin, Habitations Pépin et Condos Pépin, selon le type de projet.

 

Vous êtes ingénieur de profession alors qu’André, votre frère, est architecte. En quoi la combinaison de ces deux compétences a fait le succès du Groupe Pépin ?

André est un visionnaire qui possède une très longue feuille de route en construction. Il a un excellent flair pour les tendances du marché. C’est un homme posé et réfléchi qui a la capacité d’influencer positivement les divers intervenants d’un projet. Pour ma part, en tant qu’ingénieur, je suis davantage axé sur la gestion et les aspects techniques comme tels. Nos compétences respectives nous permettent de bien nous compléter. Nous n’avons pas de mérite puisque nous avons grandi au sein d’une famille dont les valeurs de respect et de rectitude étaient importantes.

 

Parlez-moi de la genèse du projet Boisé du Parc. Comment tout cela a-t-il débuté ?

Tout a commencé par l’achat du terrain par mon frère André. Ce dernier et M. Denis Messier ont initié un projet commun vers 2007. André était en mesure de développer des terrains et de gérer des ententes avec la Ville et le ministère de l’Environnement.

 

Qui était propriétaire du terrain au départ ?

M. Messier était propriétaire de toute la terre jusqu’à la rue de Normandie. Il a développé les phases 1 à 4 avec ses propres constructeurs. André, mon frère, a pour sa part fait l’achat des terrains de la phase 5. Au début, M. Messier avait comme projet de construire des fermettes pour recréer une image champêtre, une idée que partageait la Ville. D’ailleurs, c’est ainsi qu’a été conçue la rue des Bois-Francs. Progressivement, les résidences ont pris une dimension plus spectaculaire, comme c’est surtout le cas sur la rue des Châtaigniers.

 

Quelle clientèle était visée pour la dernière phase de développement ?

Les gens évidemment un peu plus fortunés, généralement de professions dites libérales. Acquérir un terrain de 30 000 ou 40 000 pieds carrés n’est évidemment pas à la portée de tous, mais il y a une belle clientèle pour ce type de propriétés.

 

 

Avant le développement immobilier, à quoi ressemblait le secteur ?

C’était une forêt avec quelques marécages. Il y avait une population de grenouilles – des rainettes –, ce qui nous a obligés à céder la moitié des terrains environ. Nous avons pris des dispositions pour respecter la faune et la flore, comme de cesser de creuser au début du printemps, et ce jusqu’à l’automne, pour tenir compte de la période de croissance des rainettes.

 

Comment s’est passée la collaboration avec la Ville de Boucherville ?

 Lors de la phase 5, notre relation avec la Ville a été excellente.

 

Quelle a été la réponse des acheteurs ?

Elle a été immédiate et très enthousiaste. Les choses ont bougé très rapidement. Il y avait environ 120 terrains et nous avons construit sur une centaine.

 

 

Reste-t-il des espaces à développer ?

Il reste encore quelques terrains, mais nous prenons notre temps. C’est un investissement à long terme, pour dans quatre ou cinq ans.

 

Quelles sont à vos yeux les plus belles réalisations du Boisé du Parc ? Quel aspect vous rend le plus fier ?

L’une des propriétés que nous avons construites dans le secteur nous a valu un prix Domus du Constructeur de l’année en 2011. C’est une maison conçue avec l’ensemble des technologies de pointe de l’époque, dont la domotique, les panneaux solaires, la géothermie et les planchers chauffants à l’extérieur comme à l’intérieur. Tout y est. Nos maisons sont conçues selon un design extrêmement moderne. L’un de nos beaux succès a aussi été deux boucles de maisons jumelées, situées près d’ici. Le succès était au rendez-vous pour ces maisons haut de gamme dont les dimensions allaient de 1800 à 2400 pieds carrés. C’est un beau projet, très populaire, qui s’est très bien vendu et qui nous a attiré beaucoup d’éloges.

 

Boucherville a été classée bonne première au palmarès des villes canadiennes où il est le plus agréable de vivre. Êtes-vous d’accord ?

Je connais très bien Boucherville parce que j’y suis arrivé en 1957. Il n’y avait que 5000 habitants à l’époque ! Je peux vous confirmer qu’il fait bon vivre ici. C’est une ville paisible, bien organisée, avec de bons services. Par ailleurs, la Ville est très attentive aux projets de développement, qu’elle limite beaucoup, ce qui est un bon signe en ce qui concerne la qualité de vie des résidents. Et puis, inutile de dire à quel point Boucherville est bien positionnée, à vingt minutes seulement du centre-ville de Montréal.

 

Quelle est la superficie moyenne des terrains que l’on retrouve dans le secteur ?

La phase 5 comprend des terrains de 33 000 pieds carrés. Ailleurs, c’est entre 12 000 et 15 000 pieds carrés. Les terrains des maisons jumelées font environ 4500 pieds carrés. Dans la zone plus basse du Boisé, les terrains ont des dimensions de 35 000 à 40 000 pieds carrés. Il ne se fera plus de projets aussi exceptionnels que celui-ci.

 

 

En quoi le fait de réaliser les projets de A à Z de la conception à l’exécution représente-t-il un avantage ?  

En fait, nous sommes présents dès les premières étapes, soit l’acquisition des terrains et la réalisation des infrastructures. Nous avons intégré toute la chaîne, ce qui fait en sorte que nous pouvons contrôler tout le processus. Ainsi, notre satisfaction est encore plus grande de voir les gens s’installer dans l’une ou l’autre de nos maisons.

 

Quelle est l’approche adoptée pour que ces maisons s’intègrent le mieux possible à l’environnement et le respectent ?  

Nous concevons des maisons très fenestrées. Une bonne intégration est aussi une question de formes, de volumes, de couleurs, de choix des matériaux et de positionnement des maisons. Lorsque nous avons créé les rues des Églantiers et des Noisetiers, nous avons sauvegardé beaucoup d’arbres en les replantant à des endroits stratégiques. Il était important pour nous d’en sacrifier le moins possible et de les mettre en valeur. On aurait pu tout raser et se contenter de planter quelques petits arbres, mais nous voulions préserver le caractère mature de ce boisé. Nous n’avions aucune obligation de le faire, et tout a été à nos frais.

 

 

Le Groupe Pépin est très axé sur le service à la clientèle. En quoi est-ce important pour vous ?

C’est essentiellement une question de renommée. D’abord, les promoteurs veulent nous impliquer dans les projets parce que nous sommes des gens sérieux et fiables. Un bon service à la clientèle rend les choses plus agréables tant pour les clients que pour nous. Côté gestion, des relations saines créent moins de problèmes. À l’époque où j’œuvrais dans le domaine de l’automobile, mon équipe remportait des prix pour la satisfaction de la clientèle. J’ai appliqué les mêmes principes lorsque nous avons formé le Groupe Pépin. Il y a un coût relié au fait de ne jamais tourner les coins ronds, mais ce n’est rien comparé aux bénéfices que l’on retire d’un excellent service à la clientèle.

 

Peut-on dire qu’une telle attitude génère un bouche-à-oreille positif ?

Absolument. Quand les gens achètent une maison du Groupe Pépin, ils savent à quoi s’attendre. Ce n’est pas pour rien que nous avons remporté des prix Domus et que nous avons été finalistes à tant de reprises…

 

 

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